Bouillon de culture

Si jamais vous tentiez d’en apprendre un peu plus ou de plongez dans les méandres de l’âme slave, voici quelques livres, films ou mêmes chansons qui vous en donneront un aperçu.

Cette liste est bien évidemment loin d’être complète et d’être exhaustive, mais c’est aussi un peu à vous de découvrir, quand même…

Sur l’histoire de la Russie :

Une histoire de la Russie, François Georges Dreyfus. Livre général sur la grande histoire russe. Parfois incomplet ou trop partial, il offre tout de même un bon panorama sur la création de la Russie d’aujourd’hui.

Histoire de l’URSS, Nicolas Werth. L’un des plus grands historiens de la période soviétique. Voilà un excellent ouvrage permettant de comprendre les changements et les héritages dû à plus de 70 ans de communisme.

Je vous recommande d’ailleurs les ouvrages et correspondances de son père, Alexandre Werth, l’un des plus brillant journalistes et fin connaisseur du monde russe à mon avis.

La Russie d’aujourd’hui :

La Russie entre deux mondes, Hélène Carrère d’Encausse. Académicienne passionnée par la Russie, et même si certaines de ces analyses sont déjà parfois dépassées, le livre d’Hélène Carrère d’Encausse a le mérite de résumer les grands paradoxes politiques et culturels de la Russie d’aujourd’hui. Panslavisme, orient, occident, toutes les orientations nouvelles de la Russie de Poutine y sont évoquées.

J’aurai pu également citer le dernier ouvrage d’Anna Politovskaya, La Russie de Poutine, mais datant déjà de 2006 dans un pays qui est en pleine évolution, il me semble un peu dépassé. Mais il offre un bon portrait de la société russe du début des années 2000, entre ouverture économique, renouveau géopolitique et crises tchétchènes.

On m’a judicieusement conseillé certains livres d’auteurs russes contemporains, notamment sur les années 90, la jeunesse d’aujourd’hui ou même les réseaux mafieux. Néanmoins, ne les ayant pas encore lu, je ne peux pas encore me permettre de vous les recommander !

Ah si, un excellent roman d’anticipation, mêlant apocalypse et synthèse politique des extrêmes en Russie, le tout saupoudré d’un peu de fantastique. bref, une petite perle : Metro 2033, Dmitri Gloukhovski.

Les classiques de la littérature Russe :

La littérature russe passe pour être l’une des plus influentes et riches des deux derniers siècles, et elle mérite largement cette réputation. Voici quelques uns des ouvrages essentiels à lire pour toucher du doigt l’élégance poétique et tragique des auteurs russes :

Eugène Onéguine, Pouchkine, traduction d’André Marcowicz. LE livre essentiel, la bible du romantisme russe, le livre qui m’a fait découvrir la culture et la langue russe. Ecrit entièrement en vers octosyllabique, il est le véritable père de la mélancolie slave et des auteurs russes du 19ème siècle. Il fit naître la passion de l’écriture chez Tchékov, inspira tous les poètes suivants et Tchaikovski en fera même un opéra (peut-être même le plus beau du répertoire russe). Bref, un livre phare. Je ne peux que vous conseiller la version du génial Marcowicz, seule à mon avis capable de transmettre avec passion et précision la poésie du génial Pouchkine.
Un petit mot concernant cet auteur sur lequel je reviendrai, je paraphraserai Hugo en disant que, « Tout ce qui a précédé n’était que préparation, tout ce qui a suivi n’était qu’imitation ». Voilà.

Crimes et châtiments, Dostoïevski, traduction d’André Marcowicz. Qui n’a jamais entendu parler de ce roman ? Mais qui peut se réclamer d’en avoir compris toutes les nuances ? Dostoïevski est à mon avis celui qui a le plus contribué à la naissance du roman en Russie, peut être même plus que Tolstoï. Chef d’oeuvre littéraire et oeuvre philosophique à fois, il laisse une trace en bouche inoubliable, un gout amer et mémorable entre tous. Essentiel si l’on veut comprendre la philosophie russe de cette fin d’Empire ou avant de s’attaquer à ce qui est peut être le plus grand chef d’oeuvre de cet auteur, à savoir « Les frères karamazov »

Vie et Destin, Vassili Grossman. Tolstoi et son « Guerre et paix » ont façonnés le roman national et le patriotisme russe, l’oeuvre de Vassili Grossman a su mieux que n’importe quelle autre narrer le quotidien et les pensées du peuple russe sous Staline et face à l’envahisseur allemand. Suite de son autre roman « Pour une juste cause », ce livre mérite aussi bien sa place dans une bibliothèque d’historien que dans un mémoire sur la pensée slave et la philosophie du XXème siècle. Triste, cruel et profondément réaliste, Vie et Destin reste pour moi l’un des plus grands romans du siècle.

Que faire ? Nicolas Tchernychevski. S’il y’a un bien un livre qui a pu déterminer l’orientation politique et idéologique de beaucoup en Russie, ce serait celui là. C’est de ce livre que le terme « Nihiliste » est née, à la fin du XIXème siècle. Rejetant tout le système de son époque, qu’il soit social, politique ou religieux, l’oeuvre de Tchernychevski se propose d’écrire la condition de l’homme nouveau, celui qui sera apte et volontaire à transformer la société, prêt à tous les sacrifices au nom d’un futur utopique. S’il n’est pas forcément révolutionnaire lui même, l’auteur nous plonge dans un combat philosophique contre l’ordre de la société, nécessitant par là même une complète refonte de l’homme pour parvenir au bonheur. Puissant, et remarquablement bien traduit en nombres de langues (grâce à la bénédiction soviétique), ce n’est pas pour rien que Lénine déclarait que ce livre l’avait « profondément labouré ». En dehors de toutes connotations politique, « Que faire » n’en fournissant aucune,  on ne peut qu’être emporté par l’espérance de l’auteur et l’ardeur de ses descriptions. Un plaidoyer pour une révolution ? Pas toujours. Mais une oeuvre fondatrice d’une nouvelle pensée en Russie, sans nulle doute.

Le maître et Marguerite, Mikhail Boulgakov. On ne m’a fait découvrir ce roman qu’il n’y a peu, et je n’avais encore rien lu de celui que l’on considère à juste titre comme un génie persécuté, symbole du Stalinisme. Le maitre et marguerite est une oeuvre proprement jouissive, qui ne souffre d’aucune logique et qui nous entraîne dans un Moscou des années 30 ou le diable et ses sous fifres dirigent le destin de personnages hauts en couleurs. Drôle, souvent corrosif, ce livre est une véritable perle d’humour et de satire sociale en pleine période de répression. Publié bien longtemps après la mort de l’auteur, Le maitre et marguerite est un pan essentiel de la littérature russe du 20ème siècle, aussi bien par son écriture magistrale que par le poids de son influence sur les auteurs fantastiques contemporains.

Livres sur Saint Petersburg : 

Il y’en a beaucoup, et je ne voudrais surtout pas m’adonner pas à un simple catalogue touristique, aussi voici les quelques oeuvres les plus amoureuses de la ville, vous faisant littéralement voyager sur les bords de la Néva.

Le Roman de Saint Petersbourg, Vladimir Federovski. Comme toujours chez cet auteur, on plonge plus souvent dans l’anecdotique et les descriptions grandioses que dans le vrai roman historique. Néanmoins, ce petit livre fourmille de détails amusants sur la création de cette ville, le règne des grands et grandes tsarines ainsi qu’une description enchanteresse de la ville de Pierre. Rapide à lire, il vous donnera peut être un avant goût de l’histoire et de la passion qui peut naître chez certain en contemplant les palais de marbres de la baltique.

Nouvelles de Petersburg, Gogol. Avais je vraiment besoin de noter ce livre dans la liste ? Extrêmement connu en Europe et dans le monde, Gogol, disciple de Pouchkine, est sans doute celui qui a le mieux décrit le quotidien de la vie à Piter, en y introduisant ce qui est le plus capable de le bouleverser : le fantastique. Très drôles et puissamment satyriques, ces nouvelles ont fait le tour du monde et sont encore peut-être le meilleur moyen de se sentir plongé dans la capitale russe du 19ème siècle. Cela vous fera peut être même un choc de passer dans les rues décrites par Gogol, tant ses descriptions sont troublantes de réalisme, même avec un nez en moins.

Un peu de musique ? 

Mais certainement. Il serait en effet impossible de décrire la mélancolie slave si elle ne s’était inscrite en partition. Voilà ce que je peux vous conseiller d’écouter en lisant les suggestions de lectures précédentes. A savoir que certaines proviennent de ballets ou d’opéras, d’autres point essentiels de la culture artistique russe.

Concerto pour piano et orchestre N°2, Serguei Rachmaninov. Pas besoin de description, écoutez seulement. De la beauté à l’état pur. La mélancolie russe à son sommet.

Extrait :

Roméo et Juliette, Serguei Prokofiev. Forcément, une romance italienne écrite par un anglais et mise en musique et en ballet par un russe, ça vaut le détour. Le pathos et le tragique sont à leur sommet, aussi bien que le plus complet bonheur dans cette longue oeuvre, ce qui en fait un incontournable.

Extrait : 

1812, Piotr Tchaikovsky. Même si je préfère personnellement bien d’autres morceaux (notamment son concerto n°1 pour piano et orchestre), je ne puis que recommander cette oeuvre magnifiant la guerre contre Napoléon, surtout 200 ans après. La grandiose ouverture vous rappellera ce dont le patriotisme russe est capable.

Extrait : 

Symphonie n°7. Dimitri Chostakovitch. Même si c’est loin d’être son plus beau morceau (certains critiquent notamment sa simplicité rythmique), il m’est obligé d’en parler ici. Nommé « Léningrad » et composé durant le siège de la ville, cette symphonie était diffusée chaque jour aux hauts parleurs pour encourager les soldats et la population à tenir. C’est donc autant pour sa puissance et sa charge historique qu’il m’est nécessaire de vous la recommander.

Extrait : 

Le prince Igor, Alexandre Borodine. Bien qu’il soit difficile de trouver plus Pétersbourgeois que ce compositeur, il représente avec Rimski Korsakov (et le fameux groupe des 5) la volonté de créer une musique proprement slave. Relatant les tous débuts de la « Rus de kiev » et les mésaventures guerrières du Prince Igor, je vous recommande fortement quelques extraits de cet opéra lié à la création de l’identité slave tant qu’à l’émergence de génies musicaux en Russie.

Extrait : 

-Et puis, allez bon, puisque que je viens tout juste de profiter du Marinsky, voilà un petit extrait d’Eugène Onéguine, dont le livret et la musique ont étés signés par Tchaikovski :

Acte 3, Scène 1, le discours du général Gremin faisant une petite leçon sur l’amour.  N’a t’on pas le droit d’être romantique dans ce monde de brute ?

 

 

Je pourrais vous citer d’autres bien d’autres musiques russes, notamment les chansons populaires connues par toute la population (Kalinka, Katyusha etc…) ou les groupes alternatifs qui ont contribué à l’ouverture culturelle des années 80, mais il me faudrait bien plus qu’une simple page de blog pour en faire une description honnête !

La construction de cette page est en cours,  je me consacre désormais à une partie spéciale sur le cinéma russe. Mais la tâche est vaste…

Donc restez en contact.

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